Je décidai de laisser les pires mutins sur l'île. Ils subiraient le même sort que j'avais enduré si longtemps. Mais je leur montrai où trouver de la nourriture, de l'eau et un abri. Je leur donnai des armes et des outils pour les aider à survivre. Je leur parlai des Espagnols qui viendraient du continent. Ensemble, ils pourraient construire une bonne vie ici s'ils essayaient. Les hommes étaient reconnaissants de ne pas être pendus pour leurs crimes. Ils promirent de traiter les Espagnols équitablement quand ils arriveraient. Je rassemblai quelques affaires à emporter de ma maison insulaire. Je pris mon bonnet en peau de chèvre et mon parapluie comme souvenirs. J'emmenai mon perroquet, qui savait encore dire mon nom. J'emballai l'argent que j'avais sauvé du naufrage. Le 19 décembre 1686, je montai à bord du navire. J'avais passé vingt-huit ans, deux mois et dix-neuf jours sur l'île. Vendredi vint avec moi, fidèle comme toujours. Il était impatient de voir le monde que je lui avais décrit. Tandis que nous naviguions au loin, je regardai en arrière vers mon île. Elle devint de plus en plus petite jusqu'à disparaître au-delà de l'horizon. Un chapitre de ma vie s'était terminé pour toujours. Le voyage vers l'Angleterre fut long mais sans problème grave. Nous nous arrêtâmes au Brésil pour traiter quelques affaires. Là, je découvris de merveilleuses nouvelles concernant ma plantation. Mon voisin l'avait gérée honnêtement pendant toutes ces années. Elle était devenue grande et prospère pendant mon absence. J'étais maintenant un homme très riche. Quand j'atteignis enfin l'Angleterre, je me sentis comme un étranger dans mon propre pays. Tant de choses avaient changé en trente-cinq ans depuis mon départ. Mes deux parents étaient morts de nombreuses années auparavant. Ils m'avaient pleuré comme mort et n'avaient jamais su que j'avais survécu. Je trouvai deux sœurs encore en vie et quelques neveux et nièces. Ils m'accueillirent avec des larmes de joie et d'incrédulité. Ils pensaient que j'étais mort en mer il y a des décennies. Je partageai généreusement ma richesse avec ma famille restante. J'achetai une maison confortable et m'installai pour une vie tranquille. Vendredi resta avec moi et s'adapta bien à la vie anglaise. Il apprit à lire et devint chrétien dans une église. Il était émerveillé par tout : les villes, les foules, les bâtiments. Nous restâmes les meilleurs amis jusqu'à la fin. J'épousai une bonne femme et eus trois enfants. Pendant un temps, je profitai de la vie paisible que mon père avait souhaitée pour moi. Mais je dois avouer que je n'ai jamais perdu mon goût pour l'aventure. Dans les années suivantes, je fis plusieurs autres voyages. Je retournai même une fois sur mon île pour voir comment la colonie se portait. Les Espagnols et les Anglais avaient appris à vivre ensemble. Ils avaient construit un petit village et prospéraient. Je leur fournis des outils, du bétail et des semences. J'aime à penser que mon île est devenue un lieu heureux. Parfois je me demande quelle leçon mon histoire enseigne. Peut-être s'agit-il de l'importance de la foi dans les moments difficiles. Ou peut-être s'agit-il de la résilience humaine et de la volonté de survivre. Ce pourrait être un avertissement contre le fait d'ignorer les conseils de nos aînés. Mon père avait raison sur bien des choses que je refusais d'entendre. J'ai beaucoup souffert à cause de mon désir obstiné d'aventure. Pourtant je ne peux pas dire que je regrette vraiment le chemin que j'ai choisi. Mes années de solitude m'ont appris plus que n'importe quelle école ou livre. J'ai appris ce qui compte vraiment dans la vie. J'ai découvert une force dont je ne savais pas qu'elle existait. J'ai trouvé ma foi et appris à être reconnaissant pour les bénédictions simples. J'ai gagné un vrai ami en Vendredi, le meilleur que j'aie jamais connu. Referais-je tout si je pouvais remonter le temps ? Honnêtement, je ne connais pas la réponse à cette question. Mais je sais que ma vie a été extraordinaire. J'ai vu des merveilles et survécu à des dangers au-delà de l'imagination. J'ai vécu plus que la plupart des gens n'osent jamais en rêver. Maintenant je suis vieux, et mes jours de voyage sont terminés. Je m'assieds près de mon feu et me souviens parfois de mon île. Je peux encore entendre les vagues et sentir le soleil tropical. Une partie de moi restera toujours sur ce rivage lointain. Mais pour l'instant, je suis content d'être enfin chez moi. Ceci est mon histoire, l'histoire de Robinson Crusoé.
B1Chapter 15 / 15749 words70 sentences
Retour en Angleterre
Chapter 15 · Robinson Crusoé · B1 French. Tip: Click on any word while reading to see its translation. Take your time with each chapter and review the vocabulary before moving on.
Chapter Summary
Après vingt-huit ans, Robinson quitte enfin l'île.
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Comprehension Questions
4 questions
1
Combien de temps Robinson Crusoé a-t-il passé sur l'île ?
2
Qu'est-il arrivé à la plantation de Robinson au Brésil pendant son absence ?
3
Qu'est-il arrivé aux parents de Robinson pendant son absence ?
4